Croître et décroître intentionnellement

par Louis-Samuel Jacques le 19 juil. 2024 00:00:00

<span id="hs_cos_wrapper_name" class="hs_cos_wrapper hs_cos_wrapper_meta_field hs_cos_wrapper_type_text" style="" data-hs-cos-general-type="meta_field" data-hs-cos-type="text" >Croître et décroître intentionnellement</span>

Les mots croissance et décroissance créent des réactions vives et opposées. Nous côtoyons quotidiennement des personnes qui font de l’urticaire en entendant le mot croissance, et d’autres qui en font en entendant décroissance. Cette tension va s’intensifier avec les défis écologiques et sociaux que nous vivons.

Dans l’espoir de générer de la clarté, voici quelques idées là-dessus.

Croissance et décroissance sont indissociables

D’abord, une observation : croissance et décroissance sont des phénomènes naturels et concomitants, qu’on le veuille ou non. Autrement dit, ils existent et l’un ne va pas sans l’autre.

On les observe depuis longtemps dans les systèmes humains : par exemple, les trois principales divinités de la mythologie hindoue, l’une des plus anciennes qui existe, symbolisent respectivement la création, la préservation et la destruction (Brahmâ, Vishnou et Shiva).

Les systèmes naturels sont aussi marqués par la croissance et la décroissance - on n’a qu’à penser aux arbres, dont les tissus morts nourrissent des repousses ou au courant dans les rivières qui sont associés à de nombreux contre-courants.

Ainsi, même la croissance économique est constituée et même alimentée de nombreuses décroissances :

  • À grande échelle : La croissance de certains produits est généralement associée à des décroissances d’autres produits. Par exemple, la croissance des ventes des pianos électroniques est observée en même temps que la décroissance des ventes des pianos à cordes.

  • À l’échelle d’une entreprise : Un désinvestissement dans une activité permet de libérer des ressources pour stimuler la croissance d’une autre.

Les humains ont une préférence pour la croissance

La décroissance à tout prix néglige une caractéristique fondamentale des humains : nous avons une forte préférence pour la croissance.

Les organisations requièrent des personnes talentueuses et engagées pour résoudre des défis et influencer des réalités.

Or, on reconnaît ces personnes notamment par leur Growth mindset (voir les travaux de Carol Dweck), ou par le fait qu’elles sont hungry dans le langage de Patrick Lencioni, dont nous avons parlé ici.

De plus, ces mêmes personnes sont attirées et motivées par des projets de croissance, et non de décroissance.

Enfin, comment les organisations font-elles pour susciter leur engagement? Si l’on se fie aux principaux modèles connus (dont le Q12 de Gallup et humblement, les 5 sens de l’engagement), la croissance personnelle et/ou professionnelle fait partie des leviers à activer.

La décroissance est une cible beaucoup plus difficile à vendre. Certains l’ont compris et ont adapté leur stratégie et leur langage en conséquence. Par exemple, le succès du lobby antitabac est attribuable en partie à leur stratégie d’augmenter leur part de marché de non-fumeurs.

Croître et décroître intentionnellement

Ces observations conduisent à déterminer intentionnellement ce qui croît et décroît dans les domaines où nous avons de l’influence - dans nos vies, dans notre budget, dans notre calendrier, dans notre entreprise et dans nos communautés.

La croissance et la décroissance ne sont pas une fin en soi, mais un moyen pour arriver quelque part. La clarté sur ce quelque part facilite toute cette démarche.


Vendredi prochain, les Jeux olympiques vont débuter. Nous allons donc commencer un cycle de publications mettant en évidence des leçons à tirer du leadership sportif.

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