Distingue le sentiment d'urgence de l'urgence réelle

par Louis-Samuel Jacques le 11 sept. 2026, 05:00:00

<span id="hs_cos_wrapper_name" class="hs_cos_wrapper hs_cos_wrapper_meta_field hs_cos_wrapper_type_text" style="" data-hs-cos-general-type="meta_field" data-hs-cos-type="text" >Distingue le sentiment d'urgence de l'urgence réelle</span>

La plupart des urgences dans nos vies ne sont pas de réelles urgences, mais bien une interprétation liée à des émotions.

Déclencher une urgence ne coûte plus rien

Avant le cellulaire, déranger les patrons dans leur réunion coûtait cher.

Imagine Jocelyne, PDG, en rencontre avec son groupe VISTAGE dans les bureaux de Gaston, de l'autre bord du fleuve.

Favoris épiques, tapisserie rayée brune, cigarettes, grosses lunettes.

Pour déranger Jocelyne, il fallait parler à sa secrétaire. Ensuite, quelqu'un devait prendre le téléphone (ou enfourcher son cheval, selon l'époque) pour joindre la secrétaire de Gaston qui allait alors les interrompre en pleine rencontre.

Bref, c'était quelque chose. La valeur de l'urgence devait être élevée pour justifier tout ça. Il y avait une forme de retenue. 

Aujourd'hui, on a l'urgence facile.

C'est normal : la déclencher ne coûte rien.

Les coûts de gérer l'urgence sont les mêmes, c'est juste que la facture est payée par ceux qui la gèrent, pas par ceux qui la déclenchent.

Créer des urgences, ça fonctionne, jusqu'à ce que ça ne fonctionne plus

Déclencher une urgence ou une crise a l'air payant. C'est une des techniques d'influence les plus efficaces qui soient.

Plusieurs leaders tombent dans le piège : ou bien ils en créent, ou ils se laissent distraire par celles des autres.

Une crise stimule l'action, accélère le rythme, justifie le changement, aligne le monde et concentre le focus.

On l'a vu durant la COVID.

Sauf qu'il y a aussi une facture : on tourne les coins ronds, on gaspille des ressources, on brûle du monde, on se désensibilise aux choses importantes et on change la culture organisationnelle (rarement pour le mieux).

On l'a aussi vu durant la COVID. 

Non seulement cette approche crée des problèmes, mais elle devient le problème. C'est comme « crier au loup » : on crée une crise, on crée une crise pour gérer l'après-crise, puis une autre pour repartir la machine. Ça en prend toujours des plus intenses parce que ton monde se tanne - des urgences comme du reste. 

Distingue le sentiment d'urgence de l'urgence réelle

On vit plus souvent le sentiment d'urgence que des urgences réelles. 

Ça ne veut pas dire que les vraies urgences n'existent pas. Ça veut dire que la meilleure façon de les reconnaître, c'est d'avoir décidé d'avance à quoi elles ressemblent.

Première proposition : définis l'urgence d'avance et remets un coût sur son déclenchement. C'est assez simple :

  • Définis ce qui est une urgence ou une crise chez vous. Ça peut être une échelle de 0 à 3 ou des cases à cocher. Peu importe la mécanique, pourvu que les critères soient clairs dès le départ.
  • Établis le protocole de communication en cas d'urgence.
  • Fais des post-mortem trimestriels. Quelles situations méritaient vraiment le protocole? Lesquelles auraient dû le déclencher? Qu'est-ce qu'on ajuste?

Deuxième proposition : apprends à te distancier du sentiment d'urgence. L'exercice, la méditation, le journaling, le coaching et la thérapie aident. 

Troisième proposition : fixe et suis des objectifs de façon professionnelle. Tu bénéficieras alors des avantages des crises et des urgences (focus, rythme, clarté et alignement) sans en subir les coûts. 

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